Les grands acteurs du secteur s’expriment ensemble sur les impacts de la pandémie.

Pour la 1ère fois depuis le début de la pandémie, les grands acteurs de ces filières se sont exprimés ensemble, à l’occasion du salon digital des services à la personne et de la silver économie, mardi 30 mars. Du côté de l’aide à domicile, un bilan très contrasté. Certes la filière a été reconnue comme essentielle et des mesures ont permis de la soutenir. Mais le sentiment qui prédomine est 1°celui d’avoir été les oubliés de la crise 2°que la filière de l’aide à domicile doit être urgemment revalorisée.
Tour d’horizon …

Une filière essentielle à la société dans son ensemble

. La garde d’enfants sort de l’année 2020 avec moins 30% d’activité, il faut continuer à flécher les politiques familiales davantage sur la garde d’enfants, c’est l’avenir de la nation (Claire Lanneau FESP)
. Les prestations à domicile elles ne sont pas de confort, elles sont vitales (Thierry d’Aboville ADMR)
. Sans le domicile, on aurait eu une embolie des hôpitaux (Hugues Vidor Adedom)
. Tout ceci a démontré l’utilité du secteur sur toutes les chaines de la vie. (Pierre Olivier Ruchenstain Fepem)
. C’est un secteur d’activité où les entreprises sont receveuses de personnel (Arnaud Muret OPCO EP)

Qui a tenu bon malgré les circonstances

. Les acteurs du domicile au sens large participent et ont participé à la chaine du soin, les salariés sont restés au contact malgré la peur, malgré l’anxiété, la digue a résisté et les fédérations ont été là. (Hugues Vidor Adedom)
. Le secteur a été résilient. La relation de travail … relativement sereine malgré des circonstances exceptionnelles. (Pierre Olivier Ruchenstain Fepem)

Des mesures saluées par les acteurs

. Un dispositif (qui) a été mis en place par les pouvoirs publics, qui n’existait pas, l’activité partielle dans ces secteurs. (Adrien Gauthier Urssaf)
. Il y a eu des signaux forts de l’Etat, chômage partiel, maintien des dotations (Hugues Vidor Adedom)
. Montant de la dépense de formation sur le plan de développement des compétences : en 2020 on est monté à 12,5 millions d’euros soit 4 fois plus qu’hier (en 2019) (Arnaud Muret OPCO EP)

Mais le sentiment d’avoir été les oubliés de la crise

. Il a fallu batailler partout… par rapport aux salariés d’intervention, plus jamais ce qui s’est passé, ce n’était pas acceptable (Thierry d’Aboville ADMR)
. On a été les oubliés…on a dû se battre pour tout… on demande que l’Etat ne soit pas indécent avec nous. (Amir Reza-Tofighi Fedesap)
. Il y a eu le sinistre feuilleton de la prime Covid … On a eu le Ségur de la santé qui est passé sous le nez des salariés du secteur. (Marc Dupont UNA)
Il y avait énormément d’espoir qui naissait de cette période-là …on a fini de nous décourager quand on nous a annoncé l’ajournement de la loi Grand âge et autonomie dont on espérait tellement. (Dafna Mouchenik Synerpa Domicile)
. Ce qui fait souffrir les salariés depuis des années, c’est (le manque de) reconnaissance. La reconnaissance elle manque quand il faut se battre à la pharmacie pour avoir droit à des masques, elle manque quand on entend des annonces de primes et que sur la fiche de paie on ne voit rien parce qu’on n’est pas dans le bon département (Aline Mougenot CFTC Santé Sociaux)

Et un appel à une réforme urgente et en profondeur de la filière. Faute de loi, un Ségur du domicile ?

. Ce n’est pas la peine de refaire encore 36 missions qui vont venir gonfler les étagères de nos bibliothèques. (Marc Dupont UNA)
. On est face à un vrai choix de société, celui de permettre à tous nos aînés de bien vivre et bien vieillir à domicile. Il faut arrêter de toujours reporter cette loi. Soit on dit on veut permettre aux ainés de bien vivre à domicile, soit on assume qu’il va y avoir de plus en plus de situations très dramatiques parce qu’on aura fermé les yeux sur la situation des structures. (Amir Reza-Tofighi Fedesap)
. Nous dépendons des politiques départementales, donc en fait il y a 101 politiques départementales différentes dans notre pays pour accompagner les gens fragiles à domicile… On a bien compris qu’il n’y avait pas pour le moment de loi Grand âge mais il faut des mesures concrètes. Il faut un Ségur du domicile (Dafna Mouchenik Synerpa Domicile)
. Aujourd’hui les services d’aide à domicile interviennent avec un tarif qui n’a plus évolué depuis de nombreuses années…besoin d’un tarif socle national (Claire Lanneau FESP)
. Notre organisation reste déstructurée, la loi est la seule réponse structurante à l’ensemble des problématiques qui se pose au domicile (Hugues Vidor Adedom)
. Les Français veulent vivre à domicile, ils le disent, donc… une cinquième branche qui joue pleinement son rôle avec une CNSA forte, une loi Grand âge et autonomie, un avenant 43. (Thierry d’Aboville ADMR)
. On s’associe pour réclamer un Ségur du domicile qui est indispensable. (Aline Mougenot CFTC Santé Sociaux)

Réécouter la séance d’ouverture.



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