Un an après le début de la crise sanitaire, quels impacts et quelles attentes ? Le point de vue des associations (2/4)

Hugues Vidor, Directeur général ADEDOM, Thierry d’Aboville, Secrétaire général Union Nationale ADMR et Marc Dupont Vice-président UNA, se sont exprimés ensemble sur le sujet pour la première fois depuis le début de la pandémie, lors de la séance d’ouverture de la journée Live du 30 mars 2021. Voici la retranscription de leurs propos.

(Actes de la webconférence organisée le 30 mars par le Salon digital des services à la personne).

Séance animée par Jacques Huguenin (Journaliste – Animateur).

On va commencer par vous M. Hugues Vidor qui êtes directeur général d’ADEDOM, la fédération nationale d’accompagnement et de soins à la personne, c’est l’ex-ADESSA-domicile.
(…) Quels ont été les impacts sur votre secteur, ce que vous avez noté d’important à nous dire ? Et puis votre vision de l’avenir vous avez, qu’est-ce que vous souhaitez pour demain ?

(…) Merci d’avoir mis un focus sur le monde associatif qui est un acteur prépondérant dans la réponse domiciliaire, donc c’est un focus utile et intéressant. Et plus globalement, merci au Salon des servies à la personne de mettre en exergue les sujets qui sont des sujets d’actualité, qui sont des sujets prégnants.
Alors, pour répondre à votre première interrogation sur la problématique de l’impact, je commencerai par reprendre des termes qui ont déjà été évoqués, mais de dire que ça a permis une forme de prise de conscience sur le rôle indispensable dans politique de prendre soin et de la protection des plus fragiles.
Et donc peut-être que cette crise au fond a servi d’accélérateur pour une forme d’une mise en lumière de l’activité du domicile, et avec une mise en lumière de l’ensemble des parties prenantes, et c’est ça qui est extrêmement intéressant. Souvent et depuis longtemps le domicile c’est un peu les travailleurs de l’ombre, c’est les travailleurs du quotidien qu’on ne voit pas, qu’on n’entend pas.
Avec cette crise on a vu que d’abord les salariés, ça a été dit dans la table ronde précédente, les professionnels sont restés au contact malgré la peur, malgré l’anxiété, et cela au cours des différents confinements, il faut le souligner, il n’y a pas eu d’arrêt. Les directions ont été là, les bénévoles ont été là, les partenaires ont été là ou un peu moins là, mais bon, globalement au final je dirais la digue a résisté et les fédérations ont été là.

Et je pense que d’une façon globale, et d’ailleurs vous le mettez en exergue, mais c’est le rôle des fédérations quelles qu’elles soient dans cette affaire qui est capital puisque, ça a été souligné dans la précédente table ronde, mais on a eu une avalanche de tests. On a eu à jouer une interface utile avec la puissance publique.
Je vais souligner un point sur lequel nous sommes intervenus — mais pas que ADEDOM bien sûr — mais c’était de demander au ministre, qui est venu d’ailleurs à nos séquences avant la nomination de Madame Bourguignon, M. Véran, de prendre des mesures pour le maintien des dotations, qui était une mesure stratégique, capitale, pour permettre que, économiquement, l’ensemble des structures d’ailleurs, pas que des structures associatives, mais que l’ensemble des structures passe le cap. Et ça, ça a été une mesure importante, on ne le souligne pas assez, mais protectrice des structures sur les territoires, sans quoi je pense qu’il y aurait eu une casse terrible.
Alors on ne mesure pas encore aujourd’hui totalement les effets de la crise, et c’est un peu prématuré de le faire, peut-être une crise économique du secteur après cette crise sanitaire, on verra, d’où l’intérêt d’ailleurs d’avoir un accompagnement de l’État ; mais je voulais souligner ce rôle de l’État et ce rôle des fédérations dans cette période.

Deuxième point, c’est de souligner le fait que ça a permis de nouvelles formes d’agilité, de solidarité pour répondre aux défis du quotidien, notamment sur les EPI, notamment sur l’accompagnement des personnes ; et ça c’est des formes aussi de de révélations intéressantes montant la capacité de résilience mais la capacité d’innovation sur les territoires. Je pense que c’est une des leçons de cette crise.

Enfin, d’une façon plus systémique et globale, cela indique que les acteurs du domicile au sens large participent et ont participé à la chaine du soin, à la chaîne du prendre soin.
Et donc dans cette culture-là on est souvent autour de mots comme le « parcours de soins de la personne », de la « prise en charge ». Eh bien cette crise l’a révélé, et montre que sans le domicile eh bien on aurait eu par exemple une embolie des hôpitaux. Et donc ça montre bien ce rôle prégnant.

Alors dans la conception on a une double acception si je puis dire, puisqu’il y a à la fois ce rôle de chaîne de soins, d’acteurs de la santé mais aussi acteurs de la solidarité, ce qui est notre particularité et notre spécificité. Pourquoi ? Parce que, une aide à domicile et l’action que nous menons, que ce soit auprès des familles, ça a été indiqué tout à l’heure, participe à cette cohésion sociale et à cette inclusion sociale. Ce n’est pas exactement la santé, c’est autre chose que la santé.
C’est-à-dire, de pouvoir par exemple, dans les interventions il fallait que nous priorisions. Eh bien prioriser ça veut dire : qu’est-ce que c’est qu’un acte essentiel pour une personne ? eh bien pour une personne ça pouvait être tout simplement de l’accompagner et de rester en lien, ça pouvait être de lui apporter des repas, ce qui à proprement parler n’est pas dans la définition de l’acte essentiel, mais c’était la capacité des acteurs, notamment sur les territoires, et des structures, sur ce versant et cette approche sociale, de dire « on a besoin de rester en contact parce que sinon les personnes serait isolées et seraient perdues. »

Quelles attentes maintenant vous avez, quelle vision pour l’avenir vous souhaitez présenter ? (…)

(…) Je vais simplement dire, sans insister, que si j’ai fait un constat plutôt positif, il y a eu aussi, et ça a été souligné par mes prédécesseurs, un certain nombre de signaux faibles. Il y a eu des signaux forts de l’état, on l’a dit : chômage partiel, maintien des dotations,
Et puis des signaux faibles, et là où il y a eu des manques, à savoir sur les EPI, sur la question vaccinale, sur la question des primes et sur la question de la reconnaissance. Voilà tout le terrain qui reste à parcourir.

Pour aller à l’essentiel et pour répondre à votre question « quelles sont nos attentes ? »
Eh bien la première attente elle est d’actualité d’ailleurs parce que nous sommes en concertation sur ce sujet avec Mme Bourguignon au quotidien. Je sors d’une réunion où on était avec Mme Borne et Mme Bourguignon sur les questions d’emploi et de la formation, donc on sent bien l’intérêt de la puissance publique aujourd’hui sur ces questions. C’est pour nous en tout cas secteur du domicile, et je laisserai Thierry d’Aboville en particulier et Marc Dupont revenir dessus, mais c’est l’avenant 43 qui est essentiel en termes de structuration de la réponse sur les questions d’emploi et de formation et d’attractivité des métiers.

Je vais insister plus largement sur ce qu’on attend in fine de l’évolution de la politique publique. Elle est assez simple, au fond.
C’est de dire : on a besoin de mesures on va dire conjoncturelles pour passer le cap, on va prendre l’avenant 43 parce que c’est tout à fait sérieux et logique, mais sur le fond de l’affaire on a besoin de mesures beaucoup plus structurelles dans le cadre d’une loi. Et on ne lâche pas sur cette question de la loi. C’est-à-dire, on pense que la loi est la seule réponse structurante à l’ensemble des problématiques qui se pose au domicile. On ne peut pas raisonner bloc par bloc, on est obligés d’avoir une réponse systémique. Pourquoi ? parce qu’aujourd’hui notre organisation elle est déstructurée. On est sur des travaux en silo on l’a dit tout à l’heure, nous avons 101 réponses département par département, donc il faut qu’il y ait une régulation de l’ensemble.

Nous, nous proposons au niveau au niveau de l’ADEDOM c’est que cette régulation elle se fasse par la CNSA. Et que ce rôle il est de deux ordres pour la CNSA.
Il est la fois sur la question du financement, donc je ne sais si vous avez vu mais il y a une déclaration de Mme Montchamp très intéressante sur l’utopie atteignable en termes de culture domiciliaire, dans laquelle nous nous retrouvons absolument à quelques exceptions près sur les problématiques de CSG, mais sur le fond on s’y retrouve.
Avec, un, le financement par la solidarité nationale mais un financement qui soit adoubé, c’est-à-dire que le 0.15 aujourd’hui de CSG 2024 ne suffit pas, il en faut un peu plus, et Mme Montchamp fait des propositions en la matière pour sanctuariser une CSG complémentaire pour arriver à l’objectif et à l’horizon tracé dans le cadre du rapport (inaud.) des dix milliards, c’est capital, si on n’a pas de moyens supplémentaires par rapport à notre ambition, ça ne marchera pas.
Deux, la régulation c’est de quelle manière, on le voit bien avec l’avenant 43, on l’a vu avec l’avenant 44, de quelle manière nous régulons l’action des départements ? aujourd’hui ce n’est pas le cas, donc de quelle façon on peut réguler l’action des départements ? La proposition de la CNSA et de Mme Montchamp c’est qu’il y ait des CEPOM entre l’État, c’est-à-dire la CNSA, et les départements…

CEPOM : contrats pluri-annuels d’objectifs et de moyens, c’est bien ça ?

Absolument. Mais vous me demandez d’aller vite, alors je vais vite ! (…) Trois points. C’est un, le tarif-socle, on a besoin d’une revalorisation PCH, ça été dit, mais c’est indispensable, on est sur un tarif qui ne correspond pas et qui soit un tarif unique, équitable, aujourd’hui on a des disparités qui sont insupportables.
Trois, une nouvelle offre, c’est-à-dire nous avons une acception au niveau de l’avenir, il faut une révolution de l’offre. Le SAD (services à domicile) de demain ne peut pas être le SAD d’aujourd’hui. Si nous voulons une culture domiciliaire, si nous estimons que l’ensemble des citoyens doivent avoir des réponses à la hauteur des attentes, eh bien il faut réformer le système ; et donc avoir une offre qui ait un diagnostic renforcé, une coordination renforcée, une mobilité qui soit possible, une articulation renforcée, une articulation et des soins, un accompagnement à la nouvelle technologie et des politiques de prévention. Ce n’est pas une charge, c’est pour nous un investissement, et c’est dans cet esprit qu’on se situe pour faire que le domicile demain réponde à la question. J’en ai terminé.

M. Thierry d’Aboville, à vous la parole maintenant, en tant que secrétaire général de l’Union nationale ADMR, réseau associatif national de servies à la personne. Je crois que la CNSA a financé des études qui présentent bien cet impact ; et vous allez peut-être pouvoir nous en parler. Et puis je vous demanderai également quelles sont les attentes de l’Union nationale ADMR à l’issue de cette année bien compliquée qui n’est pas terminée d’ailleurs.

D’abord Hugues a dit beaucoup de choses sur lesquelles je me retrouve tout à fait, et c’est bien normal puisque au sein de notre branche associative on échange beaucoup et on partage et on porte des ambitions communes.
Moi je voudrais revenir sur une étude, une étude que l’on a réalisée dans le cadre d’un appel à projet fiancé par la CNSA, sur les enseignements de cette crise et notamment sur la première période de confinement. Alors c’est une étude qui est assez exhaustive puisqu’elle s’est faite… deux études en fait. Une première au niveau notre organisation avec à peu près 3000 participants, et puis une autre enquête qui a été faite par l’IFOP auprès à la fois des personnes accompagnées, des aidants familiaux, des salariés et puis des bénévoles. Donc c’est environ 6000 personnes qui ont participé à cette étude.
Alors, parmi les enseignements il y en plein bien évidemment, je pourrais passer une heure de restitution, mais si on veut venir sur les grands enseignements.

Premier enseignement, c’est que le maintien des prestations a significativement contribué à améliorer le vécu de la crise des bénéficiaires, ça c’est un point très important.
Et Hugues l’a dit d’une certaine façon, ce que nous nous avons considéré comme des prestations vitales, je pense au lever, à la toilette, eux repas, au coucher. La question de continuer finalement ce qu’on pourrait appeler des prestations de confort entre guillemets, et je pense à des GIR-4 etc., parfois on a été amenés à les arrêter, à la demande des conseils départementaux. En fait c’était je pense une erreur.
Ça a été une erreur parce que, on le voit bien, cette coupure dans les prestations ça a rendu l’isolement de ces personnes beaucoup plus prégnante, et je pense qu’un de ces enseignements de cette crise c’est de continuer bien évidemment avec le respect des gestes-barrière et de tout ce qu’il convient, mais de continuer ces prestations que l’on pourrait appeler je dis bien de confort. En fait elles ne sont pas de confort, elles sont vitales, et je pense aussi bien pour les personnes en milieu urbain que pour les personnes, peut-être encore plus fortement, en milieu rural qui ne voient personne.

Deuxième enseignement, par rapport aux salariés d’intervention. Alors on ne va pas revenir sur la question des masques, la question de cette sécurité au travail qui a été vraiment omniprésente dans cette première période de crise parce qu’ils se sont sentis particulièrement exposés avec une prise de risque pour eux, en tout cas ils l’ont ressenti très fortement. Mais ces salariés, on ne peut pas faire l’économie des protections, c’est notre responsabilité d’employeur et c’est tout simplement notre responsabilité de personnes vis-à-vis d’autres. Et je dirais : « plus jamais ce qui s’est passé », ce n’était pas acceptable d’aller courir après ces masques, on a été nous amenés à en acheter en Chine à faire venir des containers, enfin ce n’est pas quelque chose qu’il est possible de recommencer.
Et donc, pour cela on a des exigences et un devoir vis-à-vis des salariés. Et c’est d’autant plus important qu’ils se sont sentis, pendant cette première période, pas toujours reconnus sur cette question des masques, mais aussi une reconnaissance financière. Je pense notamment à la question de la prime, mais plus largement aussi une reconnaissance… il a fallu batailler partout. Et la question de la carte professionnelle qui peut paraître d’une certaine façon anecdotique, elle est importante. La carte professionnelle aurait facilité la distribution de masques, aurait facilité les déplacements, aurait facilité beaucoup de choses. Alors le gouvernement s’est emparé…

Je vais vous demander d’accélérer, on est en train d’exploser notre timing (…).

Je veux dire que là il y a un vrai sujet. Alors qu’est-ce qu’on attend ? On attend premièrement le maintien des prestations d’accompagnement et pas seulement ce qu’on appelle « vital ».

Deuxièmement, une reconnaissance vis-à-vis des salariés ; reconnaissance salariale bien évidemment, c’est l’avenant 43 mais qui n’est pas que salarial, c’est aussi la question des parcours professionnels dans cet avenant 43 dont on attend un agrément. La question de la carte professionnelle.
Je pense qu’il faudra, et la crise l’a montré, davantage prendre en compte je dirais la construction de plannings et autres la participation des salariés ; je pense que c’est aussi en période de crise ils ont besoin d’être encore davantage participants.
Sur la question des systèmes d’information, c’est un élément extrêmement important, de pouvoir communiquer en permanence avec les salariés, des consignes sanitaires etc., il y a beaucoup de choses. Et on le voit, on a encore des zones blanches, des lieux où il est très difficile d’avoir cette communication. Et donc les systèmes d’informations vont jouer un rôle me semble-t-il, encore plus essentiel pour les années à venir.

Je vais passer la parole à Marc Dupont qui est vice-président de l’UNA, l’Union Nationale de l’Aide des soins et des services à domicile, pour lui demander à lui aussi quels ont été les impacts de la crise sanitaire, sur les salariés, des structures qu’il représente.

Je vais essayer de ne pas redire ce que mes deux prédécesseurs ont dit, et trouver des angles d’attaque si je puis dire un peu originaux.
Nous, ce qui nous a frappés dans cette période c’est l’ambivalence. C’est-à-dire que, effectivement tout le monde disait « bravo » aux salariés du domicile et on ne peut que s’associer à cet hommage parce qu’effectivement il y a eu beaucoup d’implication de nos salariés de nos structures.
Et puis en même temps, ça a déjà été dit mais on peut quand même le rappeler pour mémoire, il y a eu toutes les recherches sur les équipements de protection individuelle où il a fallu parfois négocier, se transformer en acheteurs — d’Aboville vient de le dire — en chimistes, pour négocier avec des laboratoires du CNRS sur la fabrication de gel hydroalcoolique etc., donc une situation où de fait il n’y avait pas de reconnaissance du domicile comme étant un secteur à fournir en urgence.

On a eu le sinistre feuilleton de la prime Covid qui s’est quand même seulement terminé fin 2020 avec des différences d’attribution dans les conditions qui sont quand même tout à fait regrettables, et même deux départements qui ont décidé de ne pas attribuer la prime.
On a eu le Ségur de la santé qui d’une certaine façon est passé sous le nez des salariés du secteur. Et puis on a, ça a déjà été dit, le fameux avenant 43 qui est une refonte complète du secteur avec la possibilité d’organiser des parcours etc. qui est toujours en attente.
Et puis on a cette espèce de prime deuxième ligne qui vient de sortir et dont on voit bien qu’elle n’est pas du tout centrée sur les mêmes objectifs que l’avenant 43.

Alors nous on deux questions centrales. C’est d’une part comment on assure la juste reconnaissance des sentinelles du quotidien que sont nos personnels ? Et je dirais pour paraphraser les messages de l’Assurance maladie, c’est : « impliqués à domicile et indignés à la ville » — si vous voyez ce que je veux dire comme allusion.
Et puis la deuxième question centrale c’est : qu’est-ce qui se passe le jour d’après ? c’est-à-dire que, aujourd’hui on a un secteur qui est sous perfusion financière compte tenu du maintien des dotations. Du maintien partiel parce qu’il y a quand même aussi, par exemple le reste à charge qui n’est pas garanti, et un certain nombre de financeurs autres que les conseils départementaux et les caisses de retraite n’ont pas forcément joué le jeu.

Donc, qu’est-ce que va se passer quand on va remettre les compteurs à zéro ?
Nous on craint qu’un certain nombre de petites structures soient fortement fragilisées. Là on va le savoir bientôt parce que c’est le moment de la clôture des comptes incessamment, et on voit bien que dans certaines associations il y a eu des pertes d’activité de 100 000 à 150 000 heures, et que pour tenir le coup et survivre ça ne va pas être simple. Ce qui probablement nécessitera qu’il y ait un fond d’appui d’urgence qui puisse permettre de sauver les meubles là où c’est nécessaire.
Le deuxième sujet c’est l’avenant 43. Nous on pense que le sketch a assez duré. Refuser l’agrément, faire durer les discussions, on ne sait pas avec qui d’ailleurs, mais on imagine avec les conseils départementaux mais on n’a pas vraiment de retour direct, il n’y a pas eu de conférence tripartite ou quadripartite avec les conseils départementaux sur ce sujet-là.
Mais en tout cas pour nous c’est l’urgence de l’urgence, parce que de fait c’est particulièrement vrai dans les SSIAD il y a beaucoup de personnels qui vont vers les établissements parce qu’évidemment on ne peut pas leur en vouloir de rechercher d’être mieux payé, et il y a des différences maintenant notables de l’ordre de 200 euros par mois, ce qui n’est quand même pas tout à fait rien.
Donc pour nous l’avenant 43 c’est vraiment une condition sine qua non pour que le secteur garde son attractivité et puisse continuer d’offrir des prises en charge de qualité.

Et puis le dernier sujet c’est la loi Grand âge, c’est-à-dire qu’on voit bien qu’à force de bouts de ficelle, de rustines etc. on peut arriver comme je disais tout à l’heure à sauver les meubles, mais qu’en même temps ce n’est pas avec ça qu’on créera une politique domiciliaire véritablement pérenne, robuste, stable ; et qu’il y a donc un certain nombre de sujets qu’il faut traiter par la loi Grand âge. C’est le sujet du financement, sur les tarifs, sur les nouvelles missions, c’est le sujet de la gouvernance nationale et locale, comment on articule les compétences des conseils départementaux, de la CNSA, de l’État par le biais des ARS etc. Et puis c’est la programmation également budgétaire pour avancer là-dessus.

Et nous, ce qu’on souhaiterait c’est qu’il y ait véritablement une co-construction de la loi, parce que paradoxalement il y a une mission d’enquête du Sénat qui vient de rendre ses travaux sur la prévention de la perte d’autonomie…

On ne va pas pouvoir entrer dans les détails de cette mission.

Non, je ne vais pas entrer dans les détails, mais dire qu’un des objectifs de la mission c’est comment privilégier le maintien à domicile, et je ne crois pas qu’aucune des fédérations d’employeurs à domicile associatives a été consultée pour cette mission, ce qui n’est pas très bon signe sur la co-construction. Voilà en substance ce que je souhaitais dire au nom de l’UNA.

(…) Un mot de conclusion, M. Vidor ?

Un mot de conclusion : on est à la croisée des chemins, le domicile est la réponse attendue, donnons-lui les moyens de son ambition.

Merci. M. d’Aboville, votre mot de conclusion ?

Les Français veulent vivre à domicile, ils le disent, donc c’est une cinquième branche qui joue pleinement son rôle avec une CNSA forte, c’est une loi Grand âge et autonomie, c’est un avenant 43. Et puis, je dirais une reconnaissance pour ces salariés d’intervention mais aussi administratifs et de direction qui continuent à être mise à rude épreuve ; je pense qu’il y a aussi les directions.
Et puis enfin, rôle essentiel que les bénévoles, les bénévoles c’est la société civile ; les bénévoles ont joué et continuent à jouer dans cette crise, notamment en gardant le lien social, c’est aussi extrêmement important.

Merci. Et vous M. Dupont, le mot de la fin ?

Je dirais assez de rapports en tous genres parce que là on est envahis par des initiatives diverses et variées, l’une chassant l’autre, et qu’il est temps maintenant de passer aux actes en reprenant un certain nombre de priorités du secteur que tout le monde connaît d’une certaine façon, donc ce n’est pas la peine de refaire encore 36 missions qui vont venir gonfler les étagères de nos bibliothèques.

Lire la suite des actes : le point de vue des particuliers employeurs.

Réécouter la séance d’ouverture.

 



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